mercredi 3 février 2010
Eiffel
Ni en électrons ivres
Ni en éléments censurés d’une équation du hasard
Le cœur pesant de lumière
La balance penchera du côté de la Terre
Les blancs de nos yeux cousus les eux aux autres
On brandira les couleurs
D’un même regard
Dans une seule direction
On montera
Une tour d’os et de chair
Pour humaniser le ciel
Et les étés seront poivrés des grains de nos diverses beautés
Petite Eiffel dressée dans le temps
Née du croisement de nos doigts
Petite tour d’ivoire
Petite fée aux prétentions phalliques
On a démantelé les âges métalliques
Enrayé les circuits et brûlé les champs numériques
Assez de la noirceur du règne des richesses assassines
Nous voilà l’âme ardente et assainie
Le chant du corps retrouvé
Le sang est l’or le plus précieux
Les nuages l’ont compris
Ils s’abreuvent du feuillage
De cet arbre de Vie
Petite Dame aux pieds plantés dans ta planète
La sève de la flamme n’aura rien d’éphémère
Et tes muscles se tendent
A tous les étages du cosmos
Tes bras d’accueil
Tracent des arcs-en-sève
A travers l’armature de ta jupe
De petite fée
Comme des petits effets d’espoir ailés
Quand l’antenne de l’Esprit
Sortant de ton crâne fêlé
Echange des signes
Avec les cimes des soirs
(fragments)
lundi 25 janvier 2010
Toiles de rêve
Et des draps irisés
Tirés sur les toits du temps
Depuis les mats des vents
Des voiles d’éveils et d’argents
Défilant
Sur l’eau bleue du soir éteint
Des reflets de pensées
Glissant
Sur le miroir de la nuit
C’est la brume intense et légère
De tes ailes oniriques
Des nappes d’étincelles magnétiques
Qui
Survolant le silence
Dévoilent des volutes
De vérités inouïes
samedi 16 janvier 2010
alentour
à mon sein
telle Cléopâtre
qu'est-ce que la scorie?
-décisionnaire du souvenir
il t'a manqué l'étreinte
pour me concevoir
j'attends mon chamane
pour l'instant il ne tourne que
sur lui-même
toi et
l'orage
en dyptique
et les faucons que j'apprivoise
dans la nuit
nous serons ivres
il y aura
l'humide soupir de tes lèvres
ce qui dérobe les membres
de leur identité
il y a désormais
entre nous
la centaine d'espace
j'ai le sourire hagard
et l'insomnie alchimique
l'envie invisible
la douleur silencieuse
des mots ont disparu
du langage
et ton odeur invisible
s'est emparée de mon ombre
c'est toi
dont
je perdure
aboutir
à la hanche
le reste du souffle
tout le souffle-
j'ai banni l'alentour.
vendredi 8 janvier 2010
mercredi 30 décembre 2009
Rois, Reines
Pourtant une nuée vient éteindre leur journée de règne, et recouvrir d’une eau sombre cette douce fantaisie
mardi 29 décembre 2009
Déchirés
L’or de ma lueur fébrile devançant mes pas au ras du vent noir
Et ma descente aveugle dans ses profondeurs abimées…
Ce sont dès l’origine ces seringues nocturnes hantant la douceur de ces veines
Qui ont fait virer son regard couleur cendre
Et mon amour sous hypnose où vibre l’âme de tous les dangers
S’obstine à prendre la rivière à vif de ses souterrains à contre-courant
ô l’étroitesse du coin d’ombre pris pour habitude !
ô la brûlure séductrice de l’exil !
Parade chienne des passions à couteaux tirés
Et tout finira par les rejets du soleil neuf et les cris d’un espoir écorché par les lames de ses silences.
mercredi 9 décembre 2009
1
on cherche à aimer)
quelqu'un
n'est plus le sublime
mais le seul
la nuit, nouveau,
indécent,
non,
aucun souvenir possible
et des femmes
m'enivrent
et s'anime un ciel sous l'espace
sous l'oracle,
et ça se voit
ils cherchent un corps
qui leur serait soumis,
qui leur serait impeccable
ils décident
ils abusent
il leur sera
absent
ce soir
animaux de survie
rien à voir avec le bruit
la nuit, le bois,
une femme lapidaire
la beauté dans le nombre
l'animalerie,
je la connais, je crois
un incendie s'épelle
(...)
et on en découd des formes,
huit lettres, et un désarroi
suite d'alcool
le commencement du séduire
vous avez eu des mots boisés
l'impertinence belle
je m'en vais laver
nos émois
(quelqu'un découvrira qu'ils s'aiment)
vendredi 4 décembre 2009
Embaumé de vie
Comme on tend ses bras
La fissure de notre être
Importe peu
Et c'est d'aimer
Que l'on saigne
Alors coule le froid de l'angoisse du regard enivré
Par une liberté neuve
La grandeur
De la place
Tracée
Par leur regard
Sommes-nous assez rassemblé
Pour en occuper le centre
Quand
De la plaine du silence
A la pointe de l'orage
La gorge est tremblante
Et nos paumes percées
Ne retiennent aucun espace de vie rêvée
Autant feuilleter le désert
Les phalanges plongées dans les pierres
Pour remonter au grand jour
Un portrait de sable
Le lointain ne répond rien
Le ciel a perdu sa voix
Tout est pénétrable
Hormis nous-mêmes
Et la peau est étroite
Il est temps
D'assumer et de relever le sujet assoupi
Dans l'ombre derrière les guides
D'incliner le front
Pour se reconnaître comme
Fils de l'ICI BAS
Et les sillons de sang laissés
Par les clous et les épines tombés
Porteront alors nos désirs
Comme des fleuves suivant
Les flèches des yeux
Et les lignes des mains
L'écriture en avant
Notre chair pleine d'une Terre nue
Quand le poème
Est une direction choisie
Sur la carte inachevée
De l'infini du corps sacré.
samedi 14 novembre 2009
Ici
De nos craintes d’après vie
On a fini par crever l’œil suiveur
Eteindre l’enfer
Et emmurer les illusions
Nous voilà à l’affût des mystères vivants
Pieds nus sur le verre du présent
Les cheveux libres dans la source du jour
Ma prophétie ne quitte pas le royaume de ma peau
Des mots filent
A la place des étoiles
Depuis l’espace à penser
Jusqu’à la chair de la voix
Car je prends soin de lester chaque son
Chaque trace évanescente
De tout ce corps d’ombre inachevé
vendredi 13 novembre 2009
penser/fragmenté I
puis voir aux dix bras la divinité que
j'aime mais j'ignore ton nom
sentir le temps trop léger trop court
lorsqu'on ne le passe qu'à
prier
ne me laisse pas déesse plus bas
tomber ouvre-moi tes
bras qui n'en finissent et un sourire
me reviendra
de qui de quoi encore serai-je
[encore ] l'enfant ?
vendredi 30 octobre 2009
Chant de nuit
Que le travail du poème
Nous fait sentir en ravivant
Le dépôt de silence
Sous la langue mère
On parle
En inversant ses profondeurs
Quand l’on dresse au grand jour
Le corps caverneux
De sa nuit
Quand chaque rêve incarné
Est un barreau de l’échelle du souffle
La parole est cette flamme montante ardente et ardue
Ma bouche comme un sexe offert
Prend la forme
De ce monde
Pénétrant
La pensée
C’est dans cette vie révélée par l’encre
Donnant la parole aux plaies
Sous les entailles successives des rayons et des pluies
Que je me réalise
C’est dans un coït d’oralité
Avec au croisement de la voix
Un trop plein de soleil et de bruit
Que ma voix accouche d’un sens
En composant sur la blancheur tachée de cris
Une page d’existence
mardi 27 octobre 2009
par ta venue
traverser plusieurs fenêtres
écrire le sexe et le pénétrant
l'informe le menaçant
il faut négliger x fois l'homme
pour que l'homme combatte le désir
- l'infortune
et les absences d'images dans sa tête
il faut autre chose qu'un rêve pour subsistuer X à la réalité
et toujours l'informe, le menaçant
le sexe à l'intérieur de soi
dessiner un monde dans l'acte
je te pénètre quand tu me pénètres
(envahir les espaces,
non les refuges)
s'agite un membre au fond des lèvres
je l'appelle amour
et s'égare un soleil sous ma tempe
par ta venue
je me fais réponse
par ta venue
ta bouche se fait sexe
palimpsestes à nus
ta bouche se fait don
et tu te penches fort
vendredi 9 octobre 2009
Aéré de rien
De la mémoire
La nuit du cœur
Ouverte
Aux quatre veines
Mais dans le souffle désaccordé du vent
Jamais assez de jour dans la voix
Pour répondre durablement
A la morsure de l’éclair
jeudi 8 octobre 2009
j'ai imaginé souffrir de plaisir en lisant le recueil déjà écrit, cloisonner chacun de tes verbes dans un corps imméritant. démerité. A trahir l'espace de l'absence en toi, le degré de solitude, tu as dû rajouter des portes aux fenêtres, et transformer l'espace en présence.
oublier les limites sur l'embrasure du lit, ne retenir que l'horizon, redessiné à l'envers. Concevoir une chasteté démoniaque, s'attarder à échancrer la parole. Et surprendre, surprendre le secret entre nous, non hors de nous. Eventrer d'un coup de gorge ton désir. Le sabrer.
Flamme alerte d'un regard, soupçon dévidé dans l'entre-deux des cils, dans le sourire de mes larmes.
mon caméléon s'appelle métaphore, et il me promène
samedi 26 septembre 2009
Sur le fil
Allié
Au souffle d'une parole
Pour soulever
Parcelles et poussières
Et recomposer la journée fuyante
Du vide
En suivant les traces inavouables
Du demeurant absent
dimanche 20 septembre 2009
XI
entre le bonheur de vivre et
le bonheur de mourir
m’arrêter du silence
des accords qu’on n’a pas encore
su jouer
et
sur quelle touche
devoir d’
appuyer
Il y a une pause dans le silence aussi
comme un verdict le néant
dans le néant
il n'y a plus de surprise au creux de la ville
et je m'accroche
partir
il y a un départ dans l'absence
une blessure
aussi
comme un requiem
la question de la présence
les exploits de la faiblesse
il se peut qu'un poignard
estampe notre espace
et qu'un fil incolore
promène un homme qui dort
debout,
(une rumeur indolente parcourt les écritures
je parle du sable car je n'ai pas d'écume)
les matins m'oublient
et se ravive un sol
sous mon crâne
je me reconnais ailleurs
(et je parle du sable
car je n'ai pas d'écume)
2
la beauté a des cernes
il faut pourtant maintenir le nuage
et garder
dans la dent
de l'insoupçonnable
des genoux érodés font
la paire, et comme jamais
se souviennent
comme jamais se souviennent
un clou est dans le ciel
et des enfants subsistent
-douloureusement -
des enfants s'éprennent
samedi 19 septembre 2009
jeudi 17 septembre 2009
extrait
au préalable
arme-toi jusqu'aux dents qu'aux détails
que ton proche le plus proche
ton lointain le plus lointain,
leur moyenne arithmétique
sache
[...]
lundi 31 août 2009
Poème pour une bouche
M'a engendré
dans l'élan d'une envie
ELLE
a entrouvert son obscurité
à l’instant liquide
de sa violence animale
Tout en elle était eau
et la fièvre qui avait gagné ses yeux
avait préparé son aven de chair
à l'extraction du plaisir
et du cri
L’existence est une fente dans le silence
Souffle qui deviendra parole
Marque page
pour apprendre à respirer
Vrai
Déjà double
porté
par deux corps
J’aurais
selon la rumeur
du néant
suscité la rencontre
de leur marche
pour réinventer
dans une seule est même âme
leur solitude
Et aujourd’hui
à nouveau nu
je dépose à mon tour
ce cœur et ce corps
Chair de mots
pour une voix prochaine
La joie angoissée
La vie en avant
Libéré de moi-même
Comme un poème pour une bouche
dimanche 23 août 2009
(intrigue)
« je regagne en titubant/le commencement de ma vie » ( J.Dupin)
Ai vu la solitude dans le regard de l'homme
et pourtant
plus de possibles que prévu
- une ville succombe et
écrire seins nus
un homme ne bouge pas ( il y a du beau dans l'amer)
ai vu la solitude dans le regard de l'homme
une absence de parole dans la posture
(et pourtant je suis nue)
des délits restent à commettre
un homme parle mais il lui manque un langage
le mutisme
c'est ce qu'il reste
ai vu la solitude dans l'homme
sa bouteille ses sourcils
autant de rythmes absents
et
la seule zone érogène
malgré moi
c'est mon crâne
(intrigue)
mercredi 5 août 2009
VIII
au son de la Kora
de l’eau qui danse
baigné par les rayons
le visage prend le temps
il écoute, il goûte et voit :
il sait à quel instant
le monde
s’arrête
parfois
vendredi 3 juillet 2009
à l'occident
au ras de nos humanités
lui tourner le dos
car traverser le miroir par l'envers
est le plus court chemin
entre le chien et le loup
jeudi 11 juin 2009
HORS
Sa soif
Désengorger la chambre
De cette nuit
Du poids
De ce silence
Qui
Ecoute
Le bruit noir
De son nombril
Et s’étouffe
Sauter
Au travers des sourdines
Pour tomber en aveugle
Dans le lac blanc
D’un œil déplié
Et se laisser
Flotter sur une larme
Déployer sa distance
Sur les portées
Tendues des bras
Et se reconnaître
En battant la mesure
Des ressemblances
Entre les pages transparentes
D’une autre voix
jeudi 4 juin 2009
sans titre
(des visages inexpressifs)
avancent
des visages inexpressifs s'avancent
leurs corps inexpressifs
(corps inexpressifs)
dansent un ballet qui chahute
(pause)
grand bruit
d'un ballet assourdissant
je ne saurais vous dire le
nuisible le
néfaste
ne saurais vous dire non plus
le mauvais sel
qui recouvre la peau
dimanche 31 mai 2009
Tables éteintes
Sur la table d’air
La nuit nous sert un repas froid
On boit à gorge déployée la moitié vide des verres
Les couteaux tranchent le vent
Les fourchettes piquent l’invisible
Et les bouches pleines mâchent
Des parts de distance
Où flottent les mots dans une haleine d’images
Sur la nappe de verre des nuages
Chacun a écrit un poème inversé
Pour écouter ce qui ne peut se dire
Mais la rougeur de l’aube a brisé le miroir
Dans les jardins
Les premières ombres
Sortant par les portes du silence
Courent dans les jardins pour rassembler les débris
Et c’est la vérité qui s’éteint
Dans le recto flatteur d’une langue de surface
vendredi 29 mai 2009
la femme une cicatrice
« qui laisse une trace laisse une plaie »
Michaux
Sais tu qui propulse - en quel fuseau arbitraire
se déclinent les natures
qui sous tend qu'écrire est salvation
qui renie l'origine du mal il vogue sans pronoms
au dessus de la fosse de l'indifférence
celui-là même qui ne dirige ni sa barque
ni son vol
celui-là soutient des épaves que les saisons
ont condensées
on surpasse on se ruisselle
d'être feuilletons éternels
d'une rime absente
une femme pourtant une femme
se tient se meurt
dans les espoirs de son ventre
son ventre en sa gorge
une femme ici a compris le vertige
dans les bois du néant
et s'en remet au feu - qu'il l'enfante
il faut un nombre pour créer
il faut détailler l'inexpliquable
et la femme déconstruit les poèmes
à même le sang
sais tu donc qui propulse
les vers leur pourriture
celui qui essaime
n'est pas encore
car la femme schizophréne
unitaire se sert de ses larmes
pour se retrouver pour combattre
la violence dans l'ouate d'une cicatrice
une femme attend,
une femme une cicatrice
chaque dédale est une évidence de l'ombre
chaque bouche est un fermoir
le gueuloir ou règnent les sourdines
est le jardin du néant
pas de pensée pas de poétique
juste une femme comme une cicatrice
A la femme la vraie il manque toujours
un sixième doigt
dimanche 24 mai 2009
Clarté du silence
Le blanc de l’œil
Recouvre la sphère
Je neige
Noir
Et les flocons coulent en fils de pensée
Appliqués sur la glace de l’hiver
L’encre se ramifie en dentelle de nuit
Des lignes d’ombre pour circonscrire le silence
Les mailles et les portées ne garderont du désert qu’un battement de lune
mercredi 20 mai 2009
Esquisse
Pour espionner l’hiver
Et esquisser le bruissement de flocons
Pour imiter la neige
Dire
La lumière
A travers
Les serrures d’encre
Des tâches de la nuit
Prononcer d’un air muet
Ecrire d’un effleurement
Les interstices
Et ne pas renoncer
Au vide
L’œil au plus près
Du vent
De tout ce qui nous contient
Et nous évite
